Séance du CSE central 02 mars 2022

02/03/2022

 


En 2022 le compte n’y est pas pour les salariés, malgré les comptes de résultats particulièrement profitables de l’EPIC RATP

 

Au regard des résultats positifs de l’entreprise (1 milliard d’euros de bénéfices depuis 2015, 200 millions d’euros en 2021) et de la perte de pouvoir d’achat des salariés depuis plusieurs années (inflation à 3,5% rien qu’en 2021), l’offre de la direction de la RATP lors des NAO 2022 est une provocation de trop.

La proposition d’augmentation de 0,4% à saupoudrer en diverses mesures sociales est à la hauteur de son mépris.

Les 7 millions d’euros mis sur la table ne peuvent convenir aux besoins et aux attentes des salariés.

 

Où est le partage équilibré des richesses produites par l’entreprise ?

 

Le gouvernement et la direction considèrent que les salariés de la RATP bénéficient déjà d’accords et de déroulements de carrières suffisamment généreux pour ne pas accorder d’augmentation de la valeur du point.

Signe des temps c’est la première fois qu’une année d’élection présidentielle, il n’y a pas un geste en ce sens.

Notons que la dernière augmentation de la valeur du point, soit 0,7%, remonte à 2017 ! Aucune revalorisation du point de base n’est intervenue depuis cette date.

 

Pour la CFE-CGC groupe RATP, ces mesurettes la plupart non pérennes sont loin du compte, dans une période où l’encadrement notamment n’a jamais été autant sollicité pour assurer la conversion à marche forcée de l’entreprise aux normes de gestion du secteur privé :

  • des résultats EPIC supérieurs au prévisionnel, et un début de remboursement de dette en avance ;
  • pour la première année, on constate un effectif en baisse malgré un accroissement de l'offre !
  • une productivité par les efforts des salariés pour gagner en efficience et réinvestis dans des process destinés à encore plus les pressurer (!) selon des méthodologies « incantatoires » portées par des cabinets de conseil
  • une capacité d’autofinancement à un niveau jamais atteint, à 1 milliard d’euros.

Au travers de ces résultats économiques très positifs, les réalités socioprofessionnelles vécues par les salariés sont nettement moins favorables. La performance économique et la rentabilité de l’entreprise dénient leur vécu professionnel. Les individus sont réduits à n’être que des variables d’ajustement, obligés de s’adapter à des règles d’actions imposées, qui intensifient la charge de travail, affaiblissent les professionnels et les métiers, affectent le sens dans le travail et le rapport au travail.

Ces pratiques ne sont pas neutres, en affectant l’engagement, elles affaiblissent les ressources psychosociales et effritent l’identité professionnelle jusque dans l’identité même des hommes et des femmes qui œuvrent pourtant à l’atteinte de ces résultats, tant économiques que techniques.

 

Pour ces raisons, la CFE-CGC Groupe RATP s’associe à l’avis négatif sur les comptes sociaux 2021 de l’entreprise.

 

Il ne s’agit plus de progresser en entreprise pour améliorer son niveau de vie, mais de progresser pour ne pas s’appauvrir.

 

Pour la CFE-CGC groupe RATP, la direction doit prendre des engagements forts pour les encadrants et les salariés de l’entreprise. Ils attendent beaucoup plus que les miettes qui leur sont proposées.

 

Rappelons à toute fin utile en cette instance du CSE Central que la première valeur du groupe RATP est l’humain.